Consoler (verbe)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Verbe 

XIII e siècle. Emprunté du latin consolari, « réconforter, ».
1. V. tr. Soulager quelqu'un dans son affliction par des paroles, des gestes, des attentions. Consoler les affligés, les malades. Consoler un enfant de son chagrin. On n'a pas eu de peine à le de cette perte. Il est déjà tout consolé. Avoir besoin d'être consolé. Par méton. Consoler l'affliction de quelqu'un. Surtout au participe passé. Une douleur vite consolée. Par ext. Cet espoir me console. Ce bien le console de la perte de tous les autres. Une affliction que rien ne pouvait . Absolt. Il n'y a que le temps qui console. Trouver les mots qui consolent.
2. V. pron. Trouver un apaisement à son chagrin ; cesser d'être affligé. Il se console par le travail. Elle s'est bien vite consolée de son échec. Ne pas se de la mort d'un ami. Spécialt. Iron. En parlant d'un veuf, d'une veuve. Ne pas mettre longtemps à se , se remarier rapidement, retrouver vite une compagne, un compagnon.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Verbe 

Soulager quelqu'un dans son affliction par des discours, par des soins, ou de quelque autre manière que ce soit. "Consoler les affligés, les malades. On n'a pas eu de peine à le . Il est déjà tout consolé. Se aisément. Il ne peut se de la perte qu'il a faite. Il se console avec ses amis. Elle s'est bientôt consolée. Se avec Dieu." Absolument, "Ayons recours à Celui qui console." Par extension, "Consoler la douleur, l'affliction de quelqu'un. Une douleur vite consolée."
Il se dit également des Choses qui donnent, qui apportent de la consolation. "Cet espoir me console. Peu de chose suffit pour un enfant. Ce bien le console de la perte de tous les autres. Ses soins consolaient ma vieillesse. Une affliction que rien ne pouvait ."



Dictionnaire d'Emile Littré

Verbe 



 1   Alléger l'affliction, les souffrances. Cet espoir me console.
MALH.: « On se peut assurer Qu'il [l'amour] est maître équitable, et qu'enfin il console Ceux qu'il a fait pleurer »
VOIT.: « Quelque déplaisir que je puisse avoir, j'en serais bientôt consolé par le soin que vous prendriez de moi »
CORN.: « Si vous n'en pouvez mieux une mère, Qu'en la traitant d'égale avec une étrangère »
RAC.: « Quel tourment de se taire en voyant ce qu'on aime.... Lorsque par un regard on peut le .... »
RAC.: « Quand tu me dépeignais ce héros intrépide Consolant les mortels de l'absence d'Alcide.... »
RAC.: « Ma fille, ton bonheur me console de tout »
RAC.: « Du moins consolez-moi de [par] quelque heure de paix »
VOLT.: « Vous connaissez Brutus et l'osez ! »
    Absolument. Il ne sait pas . Le temps console.

 2   Donner de l'allégement aux sentiments pénibles.
RÉGNIER: « Pour mon mal et flatter mes ennuis »
CORN.: « Je ne viens pas ici tes douleurs »
BOSSUET: « Ainsi la pieuse reine consolait la captivité des fidèles et relevait leur espérance »
RAC.: « Est-ce ainsi que vos yeux consolent ma disgrâce ? »
FÉN.: « Il était abattu par une douleur que rien ne pouvait »
MASS.: « Consoler les larmes et récompenser les prières »
L. RAC.: « Pour l'espoir du laboureur avide »
LAMOTTE: « Elle retient pourtant des pleurs prêts à couler, De peur d'aigrir des maux qu'elle veut »
A. CHÉN.: « Virgile n'a-t-il pas, d'un vers doux et flatteur, De Gallus expirant consolé le malheur »

 3   Se , v. réfl. Recevoir de la consolation, être consolé.
VOIT.: « Il ne se peut de ne plus ouïr une personne qui raisonne si parfaitement »
CORN.: « Qui que ce soit des deux, il doit se De la mort d'un tyran qui voulait l'immoler »
CORN.: « Quiconque se plaint cherche a se »
CORN.: « Dans ton cher entretien s'est-elle consolée ? »
LA FONT.: « Mais, sitôt qu'elle eut vu cette troupe enragée S'entrebattre elle-même et se percer les flancs, Elle se consola : ce sont leurs moeurs, dit-elle.... »
SÉV.: « Il y a de certaines douleurs dont on ne doit point se »
RAC.: « Mon coeur qui le voyait maître de l'univers Se consolait déjà de languir dans ses fers »
FÉNEL.: « Calypso ne pouvait se du départ d'Ulysse »
LAMART.: « Et je sens ce rayon m'échauffer de sa flamme, Et mon coeur se console.... »
    Se , se l'un l'autre.
MASS.: « Nous animer ensemble et nous des travaux du saint ministère »
BRÉBEUF: « Carthage et Marius, dans leur chute commune, Se consolent l'un l'autre en voyant leur fortune ; L'un de l'autre pesant le sort capricieux, Ils charment leur supplice et pardonnent aux dieux »

REMARQUE
    Consoler quelqu'un dans ses peines ; Consoler quelqu'un sur quelque chose ; Consoler quelqu'un de quelque chose. Mais Corneille, qui a dit :
CORN.: « Ne nous consolez point contre tant d'infortunes en a été repris par Voltaire, avec raison, ce semble. »

HISTORIQUE
    XVème siècle
     Perceforest, t. VI, f° 52: Quant assez se furent consolez [réjouis] de cette bonne adventure
    XVIème siècle
MAROT: « Deucalion, comme moins estonné, R'asseure après et doucement console La femme simple, avec telle parole »
MAROT: « En Dieu je me console, Mon ame s'y attend »
MONT.: « Consoler sa mort en la mort d'un ennemy »

ÉTYMOLOGIE
    Espagn. consolar ; ital. consolare ; du latin consolari, de cum, et solus, dont le sens propre est entier. Consolari est proprement rendre entier et, par extension, satisfaire.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Verbe 


Soulager, adoucir, diminuer l'affliction, la douleur d'une personne, par des discours, par des soins, ou de quelque autre manière que ce soit. "Consoler les affligés, les malades. Consoler par lettres. Consoler la douleur, l'affliction de quelqu'un. On n'a pas eu de peine à le . Il est déjà tout consolé." On l'emploie quelquefois absolument. "Cet homme ne sait pas ." En parlant de Dieu, du temps, "Ayons recours à celui qui console."
Il se dit également Des choses qui donnent, qui apportent de la consolation. "Cet espoir me console. Peu de chose suffit pour un enfant. Ce bien le console de la perte de tous les autres. Ses soins consolaient ma vieillesse."
Il s'emploie aussi avec le pronom personnel. "Se aisément. Il ne peut se de la perte qu'il a faite. Je ne me ai jamais d'avoir perdu son estime. Il se console avec ses amis. Elle s'est bientôt consolée. Se avec Dieu."



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Verbe 


Soulager, adoucir, diminuer l'affliction, la douleur d'une personne, soit par des discours, soit par des soins, ou de quelque autre manière que ce soit. "Consoler les affligés, les malades. Consoler par lettres. Il ne se peut de la perte qu'il a faite. Il se console avec ses amis. Se avec Dieu. On n'a pas eu de peine à le . Il s'est bientôt consolé, il est déjà tout consolé".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)

Verbe 


Soulager, adoucir, diminuer l'affliction, la douleur d'une personne, soit par des discours, soit par des soins, ou de quelque autre manière que ce soit. "Consoler les affligés, les malades. Consoler par lettres. Consoler par visites, &c. Je tâche de le sur la mort de son père. Il ne se peut de la perte qu'il a faite. Il se console avec ses amis. Se avec Dieu. On n'a pas eu de peine à le . Il s'est bientôt consolé, il est déjà tout consolé."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Verbe 

Adoucir, diminuer l'afliction, la douleur. 'Je tâche de "le sur" la mort de sa femme: il ne peut "se de la" perte qu'il a faite. 'Il vaut mieux "se avec" Dieu qu'"avec" les hommes.
   Rem. 1°. "Consoler" ne régit que les "persones": on ne dit point "consoler", mais "calmer" la "douleur". Cela doit s'entendre de la prôse; car les Poètes sont en possession d'employer cette expression, et de faire régir les "chôses" à .
   De peur d'aigrir les "maux qu'"elle veut "consoler".
   Comencez, "consolez de" funestes "amours."
       "Gresset".
  Pour " l'espoir" du Laboureur avide.
      "L. Racine".
'Ni les discours des sages, ni les douceurs de l'amitié, ne peuvent " ses douleurs". Jér. Déliv. 'Je ne voudrois pas jurer qu'au lieu d'aler à la nôce, elle n' alât à Malicorne " la douleur" de Mde. de Lavardin. "Sév."
   2°. Il est des Écrivains qui font régir à "consoler" la prép. "de" et l'infinitif: 'Je fais tout ce que je puis pour " ma" mère, et "du" mauvais temps qu'il fait, et "d'avoir" quité Paris. "Sév." le fils. "De ce qu'elle a quité" Paris, aurait été plus régulier; mais il aurait été plus lâche et plus traînant.
- Avec le réciproque, l' infinitif fait mieux. '"Je me console" aisément "d'avoir fait" cette perte. La raison de la diférence entre l'actif et le réciproque, c'est que l'infinitif, dans cette ocasion, comme dans un grand nombre d'aûtres, doit se raporter au sujet de la phrâse (au nominatif), qu'avec le "réciproque" il s'y raporte, et qu'avec l'"actif" il ne s'y raporte pas.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Verbe 


Soulager, adoucir, diminuer l'affliction, la douleur d'une personne, soit par discours, soit par quelque autre soin qui luy soit agreable. "Consoler les affligez, les malades. par lettres. par visites" &c. "je l'ay esté sur la mort de son pere, dans son affliction, il ne s'en peut consoler. il est bien aisé à . il a esté bientost consolé de sa perte. il en est tout consolé. il se console avec ses amis. il se console avec Dieu, en Dieu. cette esperance console ma douleur".




Emplacement dans le dictionnaire :

consister
consistoire
consistorial
consolable
consolant
consolateur
consolation
consolé
console

consolidation
consolidé
consolider
consolidés
consommateur
consommation
consommé
consommer
consomption
consonant
consonantique




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...en courant, la figure très bouleversée, je pense, et les cheveux tourmentés par le vent, avec une hâte extrême d'arriver auprès de ma mère, de l'embrasser, de me serrer contre elle ; de me faire consoler de mille angoisses anticipées, inexpressibles, qui m'avaient étreint le coeur à la vue de ces grandes étendues vertes et profondes. CHAPITRE V Ma mère ! ... déjà deux ou trois fois, dans le cours de...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...avec une attention inlassable, demandant des détails et des explications. C'était une brouille qui ne durerait pas. Ils étaient jeunes et avaient du temps devant eux. Elle trouvait pour la consoler des phrases toutes faites, des aphorismes sentencieux dont la conversation des vieilles gens s'embarrasse volontiers à la campagne, et la banalité de ces propos était douce à la jeune fille,...


Citation n°3 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...quand la vie est si courte, quand rien ne peut réparer la perte des moments qu'on n'a point donnés aux délices de l'idéal ? ô vérité, sincérité de la vie ! ô sainte poésie des choses, avec quoi se consoler de ne pas te sentir ? Et à cette heure sérieuse à laquelle il faut toujours se transporter pour apprécier les choses à leur vrai jour, qui pourra mourir tranquille, si, en jetant un regard en...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...L'esclave ancien n'était pas poétique, parce qu'il n'était pas considéré comme une personne morale. L'esclave des comédies antiques est crapuleux et infâme ; il n'a que la bassesse pour se consoler ; il n'est pas susceptible de vertu. Le nôtre serait supérieur à son maître, parce qu'il sentirait mieux le divin, et échapperait par l'amour à l'affreuse réalité. On est parfois tenté de se...


Citation n°5 de Georges RODENBACH (Le Règne du silence)

...fauteuils pour des vieillards frileux en cercle dans la chambre et valétudinaires. II : douceur d'associer notre âme à cette vie des chambres, qui du moins sont bonnes à nos maux ; car, pour nous consoler, il ne faut pas des mots et leur silence aux linges frais nous lénifie - tel un malade entrant dans un lit rafraîchi ! Ah ! Qu'on nous recajole ! Ah ! Quel mal à nos membres ! Et cet immense ennui...


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